Sucre – Cochabamba, fatigante mais belle cette Bolivie!

23 mai

Le 22/05/2012

Par Vincent

Résumé :

    • 29/04 au 13/05/2012 (Jour 236 à 250)
      Sucre, cours d’espagnol, visites, repos…, quelques jours avec Sophie (la sœur de Sandrine) et son copain et turista comme d’habitude en Bolivie !
    • 14/05/2012 (Jour 251)
      Sucre (2800 m) jusqu’à Chuqui Chuqui, Distance parcourue : 55,27 km, Temps pédalé : 3h41, Altitude au village d’arrivé : 1815 m
    • 15/05/2012 (Jour 252)
      Chuqui Chuqui (1815 m ) jusqu’à Quiroga, Distance parcourue : 58,67 km, Temps pédalé : 5h59, Altitude au village d’arrivé : 1892 m
    • 16/05/2012 (Jour 253)
      Quiroga (1892 m ) jusqu’à Aiquile, Distance parcourue : 29,05 km, Temps pédalé : 3h44, Altitude au village d’arrivé : 2260 m
    • 17/05/2012 (Jour 254)
      Aiquile (2260 m) juqu’à 10 km après Puente Arce, Distance parcourue : 42,08 km, Temps pédalé : 5h45, Altitude au hameau d’arrivé : 2380 m
    • 18/05/2012 (Jour 255)
      10 km après Puente Arce (2380 m) jusqu’à Totora, Distance parcourue : 33,39 km, Temps pédalé : 4h46, Altitude au village d’arrivé : 2824 m
    • 19/05/2012 (Jour 256)
      Totora(2824 m) jusqu’à environ 85 km avant Cochabamba, Distance parcourue : 57,03 km, Temps pédalé : 5h34, Altitude au village d’arrivé : 3475 m
    • 20/05/2012 (Jour 257)
      Environ 85 km avant Cochabamba (3475 m) jusqu’à Cochabamba, Distance parcourue : 86,65 km, Temps pédalé : 4h30 , Altitude à la ville d’arrivée : 2492 m

Sucre ville blanche

Nous avons donc passé deux semaines dans la très belle ville de Sucre. La première semaine a été principalement consacrée aux cours d’espagnol à raison de 4 heures par jour tous les matins. Presque plus fatigant que le vélo ! A croire qu’à force de pédaler on a tendance à oublier qu’on a un cerveau :-) . Notre sympathique professeur, Paola, nous trouvant à l’aise, nous a infligé un petit traitement de faveur : une tonne d’exercices à faire ! Les cours d’espagnol nous ont donc pris beaucoup de temps… mais c’était marrant de repasser en mode « étudiant ». Nous avons donc vécu une première semaine assez studieuse au milieu des grèves qui paralysaient le pays. Dans le désordre, je vous cite les différents mouvements auxquels nous avons pu assister : grève des médecins, des professeurs, des étudiants, des conducteurs de bus, des conducteurs de car et des ouvriers. Je crois que je n’ai oublié personne. Ce qui est assez agréable c’est que les grèves en Bolivie rendent très souvent les villes piétonnes. Et oui, la spécialité locale est de bloquer les routes et les rues.

Là je crois bien que c’est bloqué…

Par contre c’était un peu moins sympa quand Sophie (la sœur de Sandrine) et Morgan son copain nous ont rejoints. Les routes n’étant toujours pas débloquées, nous avons dû rester une semaine de plus à Sucre et revoir nos plans. Mais il y a pire que d’être bloqué à Sucre je vous rassure. Les beaux bâtiments coloniaux, les ruelles, les marchés, les défilés… tout ça fait un cadre des plus agréables. En plus avec de la famille, que demander de plus ?

Des fois ça a du bon la colonisation

Visiter Sucre c’est du sport!

Mais où est Charlie?

Et ça danse et ça danse…

Et puis les mollets ont commencé à frétiller, il était temps pour nous de quitter notre nid douillet qu’était « La Dolce Vita » la pension où nous avions jeté nos sacoches. Un endroit de rêve tenu par un couple Franco-Suisse, Jacqueline et Olivier. Le genre d’endroit où on se verrait bien passer un bon bout de temps.

A un de ces quatre Jacqueline et Olivier

Il a bien évidement fallu une fois de plus repousser le départ de 2 jours, madame turista ayant encore décidé de me rendre visite. Cette fois-ci je n’ai eu droit qu’au combi fièvre-troubles gastriques et pas à la complète vomissements-troubles gastriques-fièvre, quel petit veinard je suis. La tempête passée on a enfin pu mettre les voiles direction Cochabamba. Une bonne sortie de ville en côte au milieu de la pollution, des bus qui se rabattent sur vous et des portières qui s’ouvrent d’un coup, de quoi vite vous faire oublier votre petit confort.
Pour rejoindre Cochabamba, nous avons parcouru 360 km au milieu des montagnes sur le « camino antiguo » (l’ancien chemin pour les profanes) et pour vous donner une petite idée du relief mais vraiment une toute petite idée, en gros : nous sommes partis de Sucre situé à 2 800 m, montés à 3 000, redescendus à 1 500, remontés à 2 400, redescendus à 1 800, remontés à 3600 et enfin redescendus à 2 500 m à Cochabamba. Ca fait rêver non ? Et encore je vous passe les détails de ce qu’il faut se coltiner entre ces différents cols. Pour ceux qui me connaissent un peu vous devez vous douter que ce programme m’a beaucoup plus…:-)

Une petite halte en haut d’un col

Par contre ma petite chérie a bien dérouillé. La faute surtout à 75 km de « pavés ». Je ne sais pas pourquoi ici on appelle ça des pavés car ce sont plutôt de grosses pierres enfoncées dans le sol les unes à côté des autres.

Merci les Boliviens-Romains!

Avec le recul, je me dis que la ou les personnes qui ont construit cette route devait être des fans de péplums, sauf que les romains faisaient mieux il y a plus de 20 siècles…

Tous les chemins y mènent, surtout celui-ci!

Résultats des courses, Sandrine s’est « bloquée » un muscle (je ne suis pas kiné) au niveau des cervicales, à mi-parcours. Maudits pavés ! Feraient bien de venir faire un tour à Paris pour voir ce que c’est de Vrais pavés :-) . Ah non c’est vrai que ce n’est pas possible pour la plupart des Boliviens, le billet d’avion étant plus élevé que le salaire annuel moyen…

Un peu précaires comme conditions de vie non?

Bien heureusement, les paysages furent au rendez-vous et les rencontres aussi. Tout d’abord ce fut Silverio et sa famille qui nous ont accueillis chez eux pour passer la nuit et partager leur repas ainsi qu’un bon petit déjeuner (soupe de pommes de terre) !

En famille!

On a vraiment passé un super moment avec cette famille quechuani. Silverio nous a d’ailleurs beaucoup fait réfléchir en nous disant que : « nous descendons tous d’Adam et Eve. De ce fait le même sang coule dans nos veines, nous sommes frères et sœurs, je me dois de vous aider.» Pour ma part qui ne suis pas très croyant, cela m’a réellement donné une superbe vision de la religion. Aider son prochain même si soit même on ne possède presque rien, quelle leçon. Silverio nous a également confié que c’était une chance pour lui et ses enfants de côtoyer des personnes qui vivent à l’autre bout de la terre. Et dire que nous lui avions simplement demandé un petit bout de terrain pour planter notre tente… De quoi faire le plein d’énergie (dans tous les sens du terme), pour continuer à pédaler dans les montagnes.

Superbe route

Une belle côte se dessine au loin, elle est pour nous…

Faut pas lacher le guidon

Là aussi il faut être prudent

Et attention aux bêtes féroces…

Slalome entre les chèvres

Tu veux pas prendre nos sacoches stp?

Les vaches encouragent les coureurs

Bah alors mes p’tits biquets!

Comme avec Silverio quelques jours auparavant, la discussion et l’accueil furent quasi identiques avec Miguel et ses enfants, un pur bonheur…

Miguel tente une approche

Pareil avec la propriétaire d’un petit « restaurant » qui nous a sorti deux matelas de paille (la classe) pour que l’on passe la nuit entre les tables de la salle à manger. « Restez ici autant que vous voulez ! » nous a-t-elle dit. Et enfin les habitants d’un minuscule hameau qui ont mis une petite maisonnette d’une pièce à notre disposition (ils ont insisté pour passer le balais avant) pour la nuit. Et à chaque fois les mêmes phrases au petit matin : « Vous partez déjà ? Il faut rester ! ». Ah ces Boliviens !

Un vendeur de tissus brodés

Ici on peut prendre un bon petit dejeuner

Petite Bolivienne deviendra grande

 

Petit bébé, bien emmitouflé

 

Mais parfois ça ne se passe pas aussi bien. Il y a bien eu quelques situations où l’on s’est fait jeter bien comme il faut « ici on ne veut pas d’étrangers ! » ou encore « si tu ne parles pas quechua tu n’as rien à faire là ! ». Mais bon ça fait parti du jeu et je dirais même que c’est normal. Qu’en serait-il dans les campagnes françaises un peu reculées si deux Boliviens biens foncés débarquaient à vélo ? Et puis les paysages vous font vite oublier ces moments un peu moins cools.

C’est beau la Bolivie

La Bolivie a vraiment un côté extrême. Extrême de par la pauvreté qu’il peut y avoir à certains endroits et à l’opposé la richesse que l’on peut trouver dans les villes. Je vous en avais déjà parlé dans le précédent article mais c’est vrai que ces écarts si importants entre pauvres et riches nous frappent toujours. Mais la Bolivie a aussi un côté extrême quand on regarde le comportement des gens, en gros, soit ils vous adorent, soit ils vous détestent. Je vais vous donner deux exemples rapides. Quand Sandrine avait le cou bloqué, nous avons essayé de faire du stop mais personne ne s’arrêtait et pourtant les camions vides défilaient. Sur cette même route, le lendemain alors que nous pédalions, bien décidés à rejoindre Cochabamba, un pick-up nous a proposé de nous charger alors que nous ne demandions rien (trop tard). De même, je me suis retrouvé à négocier à la tombée de la nuit avec une vingtaine d’indiens qui s’amusaient un peu avec moi, pour que l’on nous ouvre les portes d’un petit local pour passer la nuit. Au final j’obtiendrai un accord sous réserve de payer une somme astronomique (pour la Bolivie). Au même moment un villageois, quechuani lui aussi, arrive et nous propose de venir chez lui ! (Pour info il est assez difficile de camper en Bolivie car il y a toujours des gens qui sortent de nulle part, nous sommes donc obligés de demander un bout de terrain). 
Dans notre cas, nous avons franchement fait beaucoup plus de bonnes rencontres que de mauvaises. Du coup on l’aime ce pays, il nous apprend tellement de choses. On sait aussi que beaucoup de voyageurs ne partagent pas le même sentiment que nous. Peut-être ne faut-il pas oublier dans un coin de sa tête que la Bolivie est le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud ce qui en fait également l’un des plus pauvres du monde…
Au fait j’allais oublier, j’en ai une bien bonne à vous raconter. Dans un petit village une habitante a demandé à Sandrine si elle avait des origines africaines ! Pas mal non ?
Bon allez je vous laisse, je dois accompagner la grande blessée chez le kiné, ce n’est pas une blague. Avec un peu de chance il pourra peut-être lui revisser le cou :-) .

Ne vous inquiétez pas, le moral est là!

P.S. 1 : Prochaine étape, Cochabamba – La Paz, 400 km environ, départ prévu jeudi matin (le 24). Vive les routes asphaltées !

P.S. 2 : Merci à tante Agnès pour la bonne saucisse sèche d’Aveyron!

Uyuni-Sucre : Après son désert, on découvre la Bolivie!

1 mai

Le 01/05/2012

Par Vincent

Résumé :

  • 23/04/2012 (Jour 230)
    Uyuni (3600 m) jusqu’à Potosi, Distance parcourue : 15,03 km (+ 200 km en pick-up), Temps pédalé : 2h19, Altitude à la ville d’arrivée : 4000 m
  • 24 au 25/04/2012 (Jours 231-232)
    Repos forcé de la guerrière à Potosi
  • 26/04/2012 (Jour 233)
    Potosi (4000 m) jusqu’à 10 km avant Miralles, Distance parcourue 86,49 km, Temps pédalé : 4h58, Altitude au bivouac : 2535 m
  • 27/04/2012 (Jour 234)
    10 km avant Miralles jusqu’à Yotala, Distance parcourue 50,94 km, Temps pédalé : 4h50, Altitude au Village : 2547 m
  • 28/04/2012 (Jour 235)
    Yotala jusqu’à Sucre, Distance parcourue 18,67 km, Temps pédalé : 1h40, Altitude à la ville d’arrivée 2807 m

Après une semaine de repos à Uyuni, nous voilà repartis sur les routes Boliviennes et plus précisément sur celle nous menant vers les villes de Potosi et Sucre. Nous quittons donc Uyuni le 23 avril et théoriquement nous sommes en forme. Je dis bien théoriquement car malheureusement la nourriture locale nous a joués des tours, nous obligeant à repousser notre départ de 3 jours… La traversée du Sud-Lipez avait déjà été une sacrée épreuve, nous ôtant quelques kilos à Sandrine et à moi. Et bien l’épreuve culinaire ne nous a pas vraiment aider à nous remplumer. Mais bon quand faut y aller, faut y aller !
Premiers coups de pédales et première surprise, la route est en travaux ou plutôt en construction et le tout agrémenté d’une magnifique côte. On nous avait prévenus mais là c’est vraiment très ardu pour une reprise !  La route est complètement fermée et l’on nous fait passer par un magnifique « desvio » entièrement sablonneux et constamment sillonné par les camions chargés de terre.

C'est le Paris-Dakar ou quoi!

Donc nous avons au menu une côte nous emmenant de 3600 à presque 4000 mètres sur du sable en 18 kilomètres environ et dans une poussière d’enfer qui nous asphyxie plus que l’altitude.

Un vrai chantier...

Mais restons positifs, il fait beau… Quoique je remarque que Sandrine a beaucoup de mal à positiver et surtout beaucoup de mal à avancer. La feuille de Coca n’a aucun effet sur ma pauvre co-équipière de choc. Je pédale donc avec mon vélo puis redescends pousser le sien (technique dite du « psychopathe » :-) ). Mais même marcher devient quasi impossible pour Sandrine ! Là j’me dis y’a un truc qui cloche sérieusement… Après donc 2h20 de « vélo » et 15 kilomètres chaotiquement parcourus, on décide de s’arrêter manger pour voir si ce n’est pas une petite hypoglycémie mais rien n’y fait. Sandrine fait peine à voir et se résigne à arrêter un pick-up qui par chance ne mettra pas longtemps à venir. Marcus et Irece deux brésiliens super sympas supervisent le chantier et nous « chargent » sans hésiter. La route défile donc sous mes yeux avec un peu de regrets mais quand je vois à mes côtés Sandrine transpirante, les yeux fermés avec un teint plus que pâlichon, je me dis que nous avons eu beaucoup beaucoup de chance ! De mon côté je discute avec mes potes brésiliens pendant un bon bout de temps tout en gardant un œil sur Sandrine. Riche idée que de rester attentif ! Une sorte de petite convulsion de ma passagère m’a donné l’alerte et m’a surtout permis de dire (crier plutôt) à Irece de s’arrêter en urgence, sacré coup de freins ! Le temps d’ouvrir la porte et je vous passe la suite, mais je vous avoue que c’était assez impressionnant, un peu comme dans Alien :-) ! Il valait mieux que cela arrive hors du véhicule parce que nous sommes tous arrivés à la conclusion en rigolant que sinon ça aurait été un vomi collectif ! Notre idée première était que nos amis nous déposent dans le premier village, mais ces derniers ont catégoriquement refusé et insisté pour aller directement à Potosi (ville la plus haute du monde s’il vous plaît) voir un médecin. On enquillera donc les 100 kilomètres restants à vive allure telle une ambulance. Coca (la boisson pas la feuille)-Immodium-Ercefuryl-repos, le tout pendant 2 jours. Un peu de visite de ville quand même mais pas trop. Et hop ! Nous voici repartis direction Sucre un peu déçus d’avoir « avalé » 200 kilomètres en pick-up contre notre gré mais ça fait parti de l’aventure et soyons clair c’était nécessaire. On repart donc mais cette fois-ci on en prend plein les yeux, les mollets et la patate est là youpi ! Une belle descente (pour une fois !) d’une trentaine de kilomètres, nous greffe un sourire que l’on a du mal à quitter pendant toute la matinée.

Une descente! Une descente!

Une bien belle route ma p'tite dame!

On ne prête même pas trop attention en tout cas le premier jour, aux quelques côtes pourtant non négligeables qui viennent casser notre moyenne mais pas notre entrain ! Un autre visage de la Bolivie s’offre à nous, des champs, des petits villages, des gens qui vous saluent, des grandes montagnes verdoyantes, et ça c’est vraiment génial !

Ca change du désert

C'est aussi beau que c'est dur...

La p'tite maison dans la prairie Bolivienne

 Après 87 kilomètres parcourus, on décide d’arrêter le pédalage. Dans un micro village nous demandons l’autorisation de poser notre tente dans la cour de l’école qui donne sur les montagnes. Permission accordée quasi instantanément. C’est la première fois que nous dormons en dessous de 3600 mètres depuis 3 semaines, pas désagréable.

Au petit matin nous sommes réveillés par les hennissements d’un âne. Ça tombe bien car cette deuxième journée s’avèrera beaucoup plus physique que la première, commencer tôt ne fut donc pas un luxe. On passe notre temps à grimper et descendre comme des fous !

Une bonne côte pour vous reveiller

Ca va faire mal

C’est incroyable quand on pense que nous sommes partis de Potosi située à 4000 mètres pour aller à Sucre située à 2700 mètres. Pourquoi le trajet n’est-il pas qu’une longue descente ? Réponse : bienvenue en Bolivie ! L’altimètre fait du yoyo mais heureusement la route est parfaitement asphaltée. On décide de s’arrêter pour déjeuner dans un des nombreux petits villages qui bordent la route. C’est archi pauvre et je pense que la dernière fois qu’un étranger est passé ici ça devait être un conquistador espagnol. Il n’y a que des cyclistes pour faire une pause ici… J’arrive enfin à dénicher dans une « maison » une vieille dame assise sur un pneu en train d’éplucher des haricots. Je ne comprends rien à ce qu’elle me dit et visiblement elle non plus mais on arrive à se mettre d’accord. Une heure plus tard nous déjeunerons. Entre temps la cloche de l’école sonne, des enfants courent partout, les mains et les pieds aussi sales que le visage. Ils se cachent derrière les murs à notre vue bien que nous ne cherchions pas du tout à aller vers eux. Sont sauvages ces p’tits loups. En tout cas nous sommes une sacrée attraction mais pas moyen de parler. On décide d’aller voir notre cuisinière. Ah la vache c’est rustique !

Nouvelle cuisine Mobalpa

Si on ne va pas à l’hosto après avoir mangé ce qu’elle nous mijote… Elle nous prépare une soupe en utilisant l’eau d’un grand seau qui traîne dans la cour, hum-hum. Ensuite tomates et piments écrasés à l’aide d’une grosse pierre, toujours agrémenté de la fameuse eau qui nous fait si peur.

On va avoir droit à une bonne souplette

Y’a des mouches partout, ça va être un sacré souvenir ! C’est prêt ! Soupe de pâtes aux légumes, maïs accompagné de la sauce tomate délicatement préparée. La soupe est très bonne, le maïs c’est du maïs, par contre je perds ma bouche quelques instants en goûtant la sauce tomate, ouahhhhh mes dents vont tomber ! On finit de manger quand tout à coup notre hôte nous dit : « mouti mouti ? ». Euh, joker, j’comprends rien. Sandrine me dit que ça veut dire maïs. Effectivement je vois le doigt tendu vers l’assiette de maïs presque pleine. Bon c’est vrai qu’on n’a pas fait honneur au maïs mais en fait on le préfère sans chenilles, même quand elles sont cuites. Notre cuisinière essaie encore de nous parler mais on ne comprend toujours rien sauf le mot Quechua… Ca y est on commence à percuter, nous sommes dans un village indien Quechua où les gens ne parlent que le Quechua. Voilà pourquoi personne ne nous parle. Nous sommes à 40 bornes de la capitale constitutionnelle et ces gens parlent 3 mots de Castillan, épatant. On quitte cette communauté plus qu’authentique le ventre plein tout en pensant à la dureté de leur vie, paradoxal non ?

Une heure plus tard, nous sommes escortés par une quinzaine de petits écoliers encore Quechuas qui courent à côté de nos vélos pendant 2 kilomètres, en pleine côte ! Ceux- là parlent Quechua et Espagnol. Le plus vieux à 11 ans et la plus jeune 4. Tout en trottinant (en côte je le rappelle), ils nous inondent de questions très intéressantes ce qui nous étonnent énormément compte tenu de leur âge et qui plus est de manière très respectueuse. Un des petits poussins dont la coupe de cheveux a dû être réalisée au sécateur ne cesse de trébucher sur son pantalon trop grand, mais il repart de plus belle :-) . Il est vraiment trop mignon, ils le sont tous d’ailleurs. Quelle différence avec les enfants que nous avons vu 10 kilomètres plus tôt, qui eux nous appelaient « gringos »… Quel pays ! On quitte tous ces petits bouts de choux sous leurs encouragements après qu’ils nous aient décrit la route mieux que n’importe quel adulte, c’est le comble. On aura même eu le droit à un petit cours de Quechua en échange de quelques mots en français et en anglais. J’adore cette journée.

Une dizaine de kilomètres plus loin on décide de passer la nuit dans un village. On a largement le temps d’arriver à Sucre qui est à 20 bornes mais on veut encore profiter de ces supers rencontres, vive le vélo ! Nous n’aurions jamais pensé terminer la journée comme nous l’avons fait. Nous avions remarqué sur la fin du trajet que les maisons « en dur » commençaient à remplacer petit à petit les habitations en terre.  Parfois nous avons même aperçu au loin de vraies villas ! Malheureusement ou heureusement je ne sais pas, pas de petite « auberge » ou de lit chez l’habitant dans le village où nous nous arrêtons mais par contre… Dernier visage de la Bolivie pour aujourd’hui : une pelouse à l’anglaise, deux piscines, un toboggan aquatique, un terrain de foot, un terrain de volley, bungalows équipés, etc. .

6,50€ la nuit...

J’aurais bien aimé inviter tous les petiots que nous avons croisés pour qu’ils viennent s’éclater un peu ici.  En tout cas c’est bien là que nous passerons la fin de la journée et la nuit. Et le pire dans tout ça c’est que c’était bien mieux et bien moins cher que ce que nous avons payé plusieurs fois en ville. Notre gîte du soir s’avéra en fait être une sorte de club de vacances pour les habitants de Sucre qui y viennent le week–end.  Tout de même, que de disparités dans ce pays. En une journée nous en avons eu la parfaite démonstration.

Le lendemain matin les 20 derniers kilomètres pour rejoindre Sucre ne seront qu’une formalité, c’est presque « plat », bien vert et encore une fois il fait beau.

Quand j'vous dis que c'est verdoyant

Nous allons maintenant rester quelques temps dans cette superbe ville et en profiter pour prendre des cours d’espagnol. En effet, on arrive à parler des heures avec les locaux, mais seulement au présent de l’indicatif et parfois c’est un peu énervant ! J’vous laisse les amis, faut que j’aille faire mes devoirs :-) .

Moi aussi j'peux jouer!

LE Salar d´Uyuni

22 avr

Le 22/04/2012

Jour 223 a 229, repos, remplumage, turista, entretien/nettoyage des vélos rrrrrhh, visites, soirée avec des cyclistes (oui on en a vu, miracle!) etc.

Par Vincent
Ca y est on l´a fait, nous nous sommes tramsformés (le temps d´une journée je vous rassure)en purs, en vrais touristes ! Je vous dirais que nous n´avions pas le choix. Pas d´autres choix que de passer par une des nombreuses agences de voyage d´Uyuni et leurs armées de 4×4.
Même en 4x4 ce n´est pas si mal...
En effet, comme vous le savez si vous avez lu le récit de Sandrine sur la traversée du Sud Lipez, et bien nous n´avons pas pu rouler sur LE Salar d´Uyuni car ce dernier est innondé en très très grande partie. Nous en avons d´ailleurs eu la confirmation en le voyant.
Avec l´eau, LE Salar se transforme en miroir
Mais hors de question de quitter la Bolivie sans voir l´une de ses attractions, voire son attraction principale.
Tout schuss!
Gourmande
Vous prendrez bien un p´tit verre...
Nous voilà donc embarqués avec 6 autres “clients” tous 100% anglais ayant entre 50 et 70 ans mais ce dernier paramètre est vraiment anecdotique pour nous. A notre montée dans le véhicule, nous avons tout de suite constaté que nos camarades britishs tiraient une bonne tronche d´enterrement. Premiers reflexes, je renifle mes dessous de bras, regarde si j´ai mis des chaussettes propres ou si je n´ai pas marché dans un colis qu´un des nombreux canidés aurait laissé sur le trottoir, r.a.s…. Je ne vois pas ce qui cloche, j´me suis même brossé les dents! Bon d´accord on est francais mais quand même! En fait, il ne me faut que 500 mètres de chemin bien caillouteux pour comprendre : nos compagnons de route avaient demandé un guide qui parle anglais mais pas de chance il ne parle qu´espagnol… Et ouaih les amis du jour, faut arrêter de croire que tout le monde parle la langue de Shakespeare sur cette planète, surtout en Bolivie. Sur le coup j´avais bien envie de leurs dire qu il y a au bas mot 140 millions de personnes qui parlent espagnol sur terre, que l´anglais n est pas une évidence pour tout le monde et que la moindre des choses quand on visite un pays c´est d´apprendre à dire merci, bonjour, s´il vous plait etc, dans la langue des locaux. Mais bon j´ai décidé comme Sandrine de me concentrer uniquement sur les paysages et de faire abstraction le plus possible de toutes ces petites choses qui peuvent vous pourrir une journée. Vous imaginez bien que je me suis quand même permis un petit sourire en coin :-) . Et comme je suis un mec plutôt cool, j´ai fait un peu de traduction (j´suis gentil hein!). La traduction n´a pas duré très longtemps car franchement le guide ne connaissait rien mais il était quand même super gentil, c´est déjà ca. Je vous passe la visite du cimetière des locomotives totalement inintéressante. Le “guide”, (je vais l´appeler chauffeur ou conducteur ca sera plus approprié) m´a d´ailleurs dit super relax à moi, un des touristes du jour : ” on a mis les vieilles locomotives ici pour les touristes, avant il n´y avait rien là, vas voir si tu veux !”. Sont trop forts les Boliviens, non :-) ?! Petite anecdote, un des anglais a demandé/affirmé au conducteur (j´ai un peu traduit en sachant ce qui allait ce passer je vous l´avoue) : “Ah ce sont des locomotives americaines! non?!”. Réponse bien froide et bien sèche du chauffeur : “Y a rien d´americain ici! Tout est bolivien!”. Hihihi. Je vous passe les autres visites inutiles et autres bourdes anglo-saxonnes pour aller a l´essentiel : LE Salar d´Uyuni. Il n´y a pas vraiment de mots pour décrire cet endroit, je pense que les photos suffisent amplement. A vous de juger :
Petites montagnes de sel récolté durement
Ca se couvre mais pas de panique, le spectacle va commencer
Et c´est parti!
Punaise c´est beau
A l´endroit à l´envers, on ne sait plus où l´on est
La lumière diminue, le paysage change
Une autre! Une autre! Une autre!
Allez hop terminée la séance!
En fait il n´y a qu´une seule chose à dire : Allez y, peut importe le moyen, si vous êtes en Bolivie ne ratez cet endroit sous aucun prétexte! En comparaison ce serait comme venir en France et ne pas visiter l´Aveyron :-) !!!!!

Suite des aventures: départ d´Uyuni le 23/04 direction Potosi (211 km) puis Sucre (144 km).
Ah elle était bien cette journée!

A+

Bolivie: notre traversée du Sud Lipez

19 avr

Le 16/04/2012
Par Sandrine

Le Sud Lipez à vélo, nous en rêvions depuis longtemps mais n’arrivions pas à nous décider. Les avis sont partagés dans le monde des cyclotouristes. Presque tous les cyclistes que nous avions rencontrés nous ont mis en garde : « 8 cyclistes sur 10 rebroussent chemin », « c’est plus pour le challenge physique que pour les paysages », « vous n’allez que pousser vos vélos dans le sable », etc. De quoi nous dissuader et pourtant, l’idée de le traverser a commencé à germer dans nos esprits. La lecture des récits de cyclistes qui s’y sont frottés nous laissent rêveurs. Tous sont unanimes : les paysages traversés sont grandioses et uniques. C’est donc avec beaucoup d’appréhension que nous nous sommes décidés à nous lancer dans cette aventure à peine quelques semaines avant d’arriver à San Pedro de Atacama, notre porte d’entrée en Bolivie.

Petit résumé:

  • 04/04/2012 (Jour 211)
    Départ de San Pedro de Atacama (2400 m), distance parcourue : 23,73 km, Temps pédalé : 2h40, Altitude au bivouac : 3205m
  • 05/04/2012 (Jour 212)
    Bivouac sur la montée vers le poste frontière bolivien, distance parcourue : 15,88 km, Temps pédalé : 3h39, Altitude au bivouac : 4414m
  • 06/04/2012 (Jour 213)
    Nuit au refuge à l’entrée du Parque Eduardo Avaroa, distance parcourue : 15,54 km, Temps pédalé : 1h37, Altitude au refuge : 4348m
  • 07/04/2012 (Jour 214)
    Bivouac aux thermes de Polques, distance parcourue : 44,20 km, Temps pédalé : 4h52, Altitude au bivouac: 4400m
  • 08/04/2012 (Jour 215)
    Bivouac aux geysers Sol de Manana, distance parcourue : 20,65 km, Temps pédalé : 4h01, Altitude au bivouac: 4894m
  • 09/04/2012 (Jour 216)
    Bivouac à la Laguna Colorada près du refuge Nord, distance parcourue : 38,97 km, Temps pédalé : 4h20, Altitude au bivouac : 4299m
  • 10/04/2012 (Jour 217)
    Bivouac environ 10 km après l’Arbre de Pierre dans une maison en ruine, distance parcourue : 27,25 km, Temps pédalé : 3h59, Altitude au bivouac : 4569m
  • 11/04/2012 (Jour 218)
    Bivouac sur la route de la Laguna Ramaditas, distance parcourue : 36,97 km, Temps pédalé : 4h55, Altitude au bivouac : 4277m
  • 12/04/2012 (Jour 219)
    Nuit au refuge de la Laguna Hedionda, distance parcourue : 16,94 km, Temps pédalé : 1h49, Altitude au refuge : 4125m
  • 13/04/2012 (Jour 220)
    Nuit dans une hospedaje à Alota, distance parcourue : 69,10 km, Temps pédalé : 6h09, Altitude du village : 3830m
  • 14/04/2012 (Jour 221)
    Nuit dans une hospedaje à San Cristobal, distance parcourue : 58,76 km, Temps pédalé : 4h36, Altitude du village : 3750m
  • 15/04/2012 (Jour 222)
    Nuit à Uyuni, distance parcourue : 89,36 km, Temps pédalé : 6h22, Altitude du village :3660m

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Mercredi 4 avril 2012 : Ciao ciao le Chili

Le temps de se faire tamponner le passeport avant de quitter San Pedro de Atacama et nous voilà à l’assaut de la terrible montée de 28 km qui nous amène de 2400 à 4600m d’altitude. Un faux plat montant d’une douzaine de km nous met en jambe avant de nous engager dans « ce qu’on aura vécu de plus dur physiquement ». Ca attaque dur. On appuie sur les pédales mais nous avons les jambes courbaturées et le souffle court. Il fait chaud et le soleil tape fort. Nous transpirons abondamment. C’est dur, très dur. Un automobiliste a pitié de nous et nous propose de nous amener au col. Il ne comprend pas pourquoi nous refusons poliment, car pour nous tout est clair : comment trouver les forces nécessaires pour traverser le Sud Lipez si nous n’arrivons pas à vaincre cette montée sur route asphaltée ? Nous allons en baver mais on veut tenter de monter sur l’altiplano seul, même si on doit pousser le vélo une journée ou deux avant d’atteindre le col. Ce qui nous attend après est réputé comme étant tellement difficile que si l’on n’arrive pas à avancer sur cette montée, je ne vois pas par quel miracle on arrivera à atteindre les geysers situés à 5000m sur piste sablonneuse… Pour nous encourager, il nous dit que nous sommes « muy valiente ! ». Il doit surtout nous prendre pour des fous :-) .
Au bout de 2h40 d’efforts soutenus, nous sommes K.O, surtout moi.

Le volcan Licancabur

Un bivouac sympa

Jeudi 5 avril 2012 : Toujours sur la montée de la mort

On crache nos poumons. Si la 1ere heure se passe convenablement, la fatigue et l’altitude nous achèvent bien vite. Vincent voudrait en finir avec les 18 km qui nous restent. Je n’y crois pas. Je suis lessivée. Après un déjeuner frugal composé d’un œuf dur et d’une tranche de pain chacun, Vincent me propose un « plan » pour que j’évite de pousser mon vélo : pédaler 100m puis faire une pause, et ainsi de suite. Ça marche, nous avançons lentement, mais nous avançons. C’est l’essentiel. On parvient de cette manière à progresser de 4 km. C’est 4 km de gagné ! Cette montée est de loin l’épreuve physique la plus dure que nous ayons connue, plus qu’un marathon, qu’une course des Templiers (course à pied en montagne de 72 km). De plus, nous ne sommes pas acclimatés (ce qui semble être le réel problème). Chaque coup de pédale est une torture et très vite, Vincent ressent les premiers signes du mal des montagnes. Faut dire que vers 16h, nous sommes déjà à plus de 4000m d’altitude. Le manque d’oxygène et l’effort considérable à fournir nous asphyxient. Vincent a la nausée, il est dans un sale état. Je me mets à rechercher un coin pour bivouaquer et je le trouve très vite. Heureusement. Nous fournissons un dernier effort pour hisser les vélos sur une butte. Il est 18h30 quand nous avons fini d’installer la tente et il fait un froid de canard. Vincent ne peut rien avaler à part une tisane chaude. Je me fais de la purée instantanée. C’est pas le moment de calancher, faut prendre des forces ! Il est 19h45 lorsque nous nous couchons.

On croise pas mal de lamas sur la route

Km 30.... et deja KO

Vendredi 6 avril 2012 : A nous le Sud Lipez!

La nuit a été froide. La poche à eau laissée dans l’abside a gelé. Nous attendons que les premiers rayons de soleil réchauffent la tente avant de commencer à sortir de notre nid et de plier nos affaires. Nous avons décidé depuis 2 jours de faire fonctionner notre réchaud à l’intérieur de la tente car il fait trop froid ! Au réveil à 8h, le thermomètre affiche 0°C dans la tente. Faut dire que c’est notre bivouac le plus haut jusqu’à présent, à 4414m. Vincent est guéri mais à mon tour d’avoir des troubles gastriques. Jamais de ma vie, je n’ai pris autant d’Immodium… On part à l’assaut des 2,2 km de montée restante. Attaquer une telle montée au réveil, je n’y arrive pas. Je décide alors de pousser mon vélo. Je pousse 100m puis je m’arrête, incapable de faire plus. Je suis essoufflée. On finit par passer le fameux col à 4600m mais toujours pas de panneau « Accesso en Bolivia ». Encore un dernier km pour enfin voir la piste en montagnes russes, qui nous mènera vers notre 3e pays : la Bolivie. Nous croisons un motard new-yorkais qui nous mettra en garde sur notre itinéraire. Le Salar d’Uyuni est en partie inondé et il nous faudra opter pour un autre chemin vers la fin de notre parcours. Nous atteignons dans la foulée le poste frontière bolivien. Une cahute au milieu de nulle part. On pourrait penser que seuls les punis sont envoyés ici. Nous nous arrêterons 6 km plus loin, dans notre premier refuge, à l’entrée du parc, où nous avons à nous acquitter de 150 bol par personne.
Anecdote : dans ce refuge, nous avons subi un repas « forcé ». Par-là, je veux dire un repas non commandé mais que nous devons payer. Alors qu’on pensait manger le menu qu’on avait commandé, une femme travaillant dans le refuge nous apporte une soupe et une assiette appétissante, que nous engloutissons. Elle finit par nous expliquer que c’est un cadeau qu’elle nous fait et que notre « vrai » repas est en préparation. Par contre, si son cadeau nous plaît, il nous suffit de lui donner un pourboire… En nous mettant directement les plats sous le nez, nous étions à 10 000 lieux d’imaginer que cette pratique pouvait exister, encore moins que nous allions déjeuner… 2 fois !! On se déleste de quelques bol et Vincent précisera à cette femme (avec le sourire) qu’on ne veut pas de ça ce soir, ni demain matin.
En tout cas, il fait bon se reposer au chaud et admirer la superbe vue sur la Laguna Blanca, la première d’une longue série.

Le poste frontiere bolivien

Premiere impression: la route est plutot bonne

Samedi 7 avril 2012 : Au pays des merveilles

La nuit fut plutôt bonne et ce matin, pas besoin de nous lever aux aurores car nous ne sommes qu’à 8 km de la Laguna Verde, lieu mythique du Sud Lipez mille fois photographié. Pas la peine de se presser car la lagune ne prend sa belle couleur émeraude que sur les coups de 9h30/10h lorsque le vent se lève. Nous avons hâte de monter sur nos selles pour cette première journée dans le parc, d’autant plus que la Laguna Blanca toute proche nous renvoie le reflet des montagnes enneigées. C’est sublime. Le soleil est radieux et la piste plutôt bonne. Très vite, plusieurs 4×4 nous doublent. C’est « l’heure » pour la Laguna Verde. Quelques coups de pédales encore et nous arrivons au passage où les deux lagunes se rejoignent. Nous rions comme des enfants, heureux d’évoluer dans ce paysage à couper le souffle. Nous atteignons le mirador de la Laguna Verde en même temps que d’autres 4×4. Il y en a au moins cinq, chargés de touristes et d’autres arrivent au loin. Certains curieux viendront nous parler, d’autres prendront des photos de nous à la dérobée ou encore viendront regarder nos vélos de très près sans jamais nous adresser la parole. Etranges comportements. Nous admirons la superbe vue mais il faut se battre pour prendre des photos sans touriste sur les clichés. Nous voilà partis en direction d’un col à passer situé à 4730m, après lequel nous devrions rejoindre les thermes de Polques où nous comptons passer la nuit. Nous sommes enchantés de pédaler dans un environnement si fabuleux. Nous n’avions rien vu de tel jusqu’à présent. Une fois arrivés aux thermes, une bonne quinzaine de personnes sont là, les 4×4 rangés en enfilade. Il est déjà assez tard, aux alentours de 18h. Ici, le soleil se couche vers 19h. Ils ne devraient donc pas tarder à partir pour nous laisser seuls à admirer le coucher de soleil sur une lagune remplie de flamands roses. Nous posons notre tente près d’un refuge en construction pour nous abriter du vent d’ouest et filons nous réchauffer dans le bassin, seuls et heureux de nous baigner dans une eau bien chaude contrastant avec le vent glacial. Il n’y a plus personne. Le calme est absolu. Nous apprécions la magie des lieux et savourons ce moment exquis et rare.
Le personnel du refuge nous prévient : « demain vers 6h, nous attendons une vingtaine de 4×4. Ça va être le rush ». On est prévenu. Profitons à fond de ce moment de quiétude.

Un paysage sublime des nos premiers coups de pedales de la journee

La Laguna Blanca

Passage de gue entre la Laguna Blanca et la Laguna Verde

La Laguna Verde commence a prendre sa belle couleur emeraude

En route vers les thermes de Polques

Parfois la piste change

Le bonheur de pedaler dans un si bel environnement

La route est tres bonne

Sur notre droite, des montagnes de toutes les couleurs

Le Desert de Dali au fond

Arrivee aux thermes de Polques

Le meilleur moment de la journee !

Dimanche 8 avril 2012 : Pédaler au-dessus du Mont-Blanc

Effectivement, le soleil n’est pas encore levé que des vrombissements se font entendre. La nuit a été froide. Nous ne sommes pas habitués à dormir si haut. De notre tente, nous entendons des rires bruyants, des gens sauter dans le bassin. Il est à peine 6h30. Nous parviendrons à dénombrer 20 4×4 et ce n’est que le début. Plusieurs autres véhicules passeront mais décideront de ne pas s’arrêter. Les touristes se baignent par sas avant d’aller prendre leur petit-déjeuner par groupe. Nous prenons notre petit-déjeuner devant ce spectacle, qui nous semble si loin de notre quotidien. Les agences organisent le tour du Lipez en 3 ou 4 jours, à un rythme infernal. Levés aux aurores, couchés dans des refuges bien souvent très sommaires sans douche, les touristes sont assis la très grande partie de la journée dans un 4×4. Pourtant, tous sont prêts à ce « supplice » pour pouvoir admirer cet environnement si unique. Nous mesurons à quel point nous sommes heureux de voyager à vélo, libres d’aller et de venir à notre guise. En tout cas, s’il existe un réel danger pour nous ici, ce sont les 4×4 que nous croisons. Le vent nous siffle dans les oreilles, masquant le bruit des moteurs arrivant derrière nous. Il nous faut être vigilants car les véhicules roulent en cortège, soulevant des nuages opaques de sable à notre niveau. Mis à part le fait que nous « mangeons » de la poussière à chaque fois qu’un 4×4 nous dépasse, le nuage sableux créé est aussi un gros danger puisque les véhicules qui suivent ne nous voient plus. On compte malheureusement des accidents réguliers de cyclistes ici (c’est le comble dans un désert quand même !). Si certains conducteurs ralentissent à notre vue, d’autres nous rasent en nous envoyant à chaque fois un bon jet de pierres. L’altitude et les pistes sablonneuses rendent déjà le voyage plutôt éprouvant pour un cycliste. A cela, il faut aussi faire attention aux comportements des rares humains présents dans cette contrée…
Depuis notre départ des thermes, une grande montée douce d’une vingtaine de km nous emmène vers des geysers. Très vite, je me sens nauséeuse. Mes jambes ne répondent plus et ma tête me fait mal comme serrée dans un étau. C’est l’altitude. Je ne suis pas encore habituée. Je n’arrive pas à pédaler et le moindre mouvement m’essouffle. Je suis à court d’oxygène et mon cœur bat comme une furie. On est à plus de 4500m. Tout effort devient éprouvant. Je sens que mon corps subit une contrainte très forte. Ma peau est desséchée. En bonus, les ongles de mon pouce et de mon index droits commencent à se décoller d’en dessous depuis quelques jours. Ca saigne. La petite peau autour des ongles commence aussi à se craqueler, laissant échapper un minuscule filet de sang. Vincent aussi le constate sur ses mains mais lui a la pêche ce matin. Avec le sourire, il m’aide à pousser mon vélo. Il pédale sur son vélo sur une centaine de mètres puis redescend à pied pousser le mien. Ce sera grâce à lui que nous réussissons à vaincre cette montée. La pause déjeuner arrive mais je ne peux manger. Je me sens extrêmement fatiguée. Vincent, inquiet, arrête un 4×4 pour demander si quelqu’un a un remède pour vaincre le mal des montagnes et revient avec un sachet de feuilles de coca, à chiquer me dit-il. Il me force à en prendre. Je mastique quelques-unes de ces feuilles ressemblant à des feuilles de ficus séchées. Petit à petit, je parviens à remonter sur ma selle, tel un phénix qui renaît de ses cendres ! L’essoufflement est toujours là mais mes jambes répondent à nouveau. Nous parviendrons après plus de 4h d’efforts intenses à couvrir les 20km jusqu’aux geysers, où nous camperons à plus de 4900m.

6h30 du matin, on regarde le ballet des 4x4

Ici commence la montee aux geysers

Type de piste sur cette section

Un par un, mes ongles se decollent...

La montee vers les geysers Sol de Mañana

4915m : nous sommes plus haut que le Mont Blanc!!

Vincent en super forme

Lundi 9 avril 2012 : Rencontre au-dessus du Mont-Blanc

Voilà un rêve réalisé : pédaler au-dessus du Mont-Blanc ! En plus ce matin, je vais mieux. C’est la nuit la plus froide que nous ayons connue. On se réveille avec de la glace dans la tente (- 5°c à l’intérieur, -15°c à l’extérieur) et sur nos duvets. Selon notre topo, nous devrions redescendre en altitude dans la journée pour atteindre la Laguna Colorada. Mais avant, la piste continue de grimper jusqu’à 4980m. Vincent avance sans aucune difficulté. On dirait un poisson dans l’eau. Je ne l’ai jamais vu pousser son vélo, même dans les sections très sablonneuses ou caillouteuses. Il est très fort et résistant. Arrivés en haut de la côte, nous croisons un pick-up monté d’une cellule. Vincent en profite pour demander l’altitude exacte qu’ils ont (il rêvait secrètement de pédaler à plus de 5000m). Ce sont des français ! Et sans hésiter, ils nous proposent immédiatement de monter prendre un chocolat chaud avec des tartines à la confiture (ou confiture à la tartine). On ne se fait pas prier, tellement heureux de croiser des compatriotes ! Michel et Bernadette sont un couple de retraités et ont quitté la France il y a 3 ans. Ils sillonnent le monde à bord de leur véhicule. Après le continent africain, les voilà sur le continent américain. Nous papotons un long moment mais ils doivent passer à la douane pour déclarer leur véhicule. Nous nous embrassons et nous donnons rendez-vous ce soir au bord de la Laguna Colorada, sans trop y croire. Motorisés, ils vont tellement plus vite que nous.
Nous continuons notre chemin. Nous avons l’intention de nous diriger vers le refuge nord car nous savons que nous pouvons y prendre un repas complet. Cette idée nous fait saliver et nous donne des forces pour pédaler. Nous croisons des 4×4. Certains s’arrêtent à notre niveau pour nous applaudir, d’autres pour nous filmer et un qui s’arrêtera complètement pour nous parler (des bretons super cools). Je crois qu’on suscite à la fois de la pitié et une sorte d’admiration. La Laguna Colorada est encore loin lorsque s’amoncellent sur notre gauche de gros nuages noirs menaçants. Bientôt, nous entendrons gronder le tonnerre et la neige commence à tomber. Faut pas traîner ! A cette altitude, le son généré est terrifiant. On a l’impression que le ciel va nous tomber dessus. On force sur les pédales pour en finir avec la dizaine de km qui nous séparent du refuge. On finit par y arriver, à bout de force. Il y a des lits disponibles en dortoir mais toujours pas de douche. On hésite quand soudain nous apercevons le véhicule de Michel et Bernadette ! Comme promis, ils sont venus. Ils nous ont cherchés ! On saute de joie à leur vue. On décide tous les 4 de camper là, le véhicule nous servant de bouclier contre le vent. Ils nous invitent à dîner. Au menu : soupe d’asperge, pâtes au fromage avec des sardines à la sauce tomate, carrés de chocolat en dessert. Grand luxe pour nous ! On se régale. On écoute leurs histoires sur l’Afrique et on se met à rêver. Ils nous parlent des tribus Imbam, des pygmés, de la haine des Afrikaners envers la population noire et réciproquement… On est émerveillé. On se dit bien volontiers que notre prochaine destination sera l’Afrique ! On passe une super soirée en leur compagnie et on les remercie mille fois pour tant de générosité.

Nuits fraiches: il faut dormir bien couvert

Les geysers de Sol de Mañana vers 8h

Plus de 4900m et ca monte encore: mais ou allons-nous comme ca??

Avec Michel et Bernadette

Toutes les pistes menent a la Laguna Colorada

Ouh la la, la Laguna Colorada est cachee par de gros nuages

Gros temps a l arriere, sauve qui peut

Enfin le refuge nord !!

Bivouac tous les 4

Mardi 10 avril 2012 : L’heure des adieux

Au réveil, Michel nous annonce qu’il a fait -13°C cette nuit et qu’ils ont eu froid. On commence à être habitué car on a dormi comme des bébés. Il est 6h30 lorsqu’on se réveille et on est (encore) invité à prendre un petit-déjeuner, au chaud dans le mini salon de Michel et Bernadette. Cette fois-ci, c’est la dernière. Ils s’en vont pour le village d’Uyuni. Nous aussi, mais contrairement à eux, on mettra 5 voire 6 jours. On se dit au revoir, on se dit que le monde est petit alors… sans doute qu’on se croisera à nouveau. On sort du parc Eduardo Avaroa, direction l’Arbol de Piedra. On nous a prévenu que les 50/60 prochains km allaient être pénibles et moins intéressants. Au bout de 20 km, on arrive à l’Arbre de Pierre, où on en profite pour déjeuner à l’abri du vent derrière des formations rocheuses. On se dépêche de partir en voyant un défilé de 4×4 arriver. Ce soir, on s’arrêtera camper dans une « maison » en ruine sans toit, sur la route de l’Hotel del Desierto.

La Laguna Colorada sans les nuages: une explosion de couleurs

Il faut continuer notre route: nous quittons avec regret la Laguna Colorada

La piste commence a se degrader

Vincent avance tranquillement devant

L Arbol de Piedra ou Arbre de Pierre, formation faconnee par le vent

Nous devrions etre bien abrites du vent

Mercredi 11 avril 2012 : Une journée ordinaire dans le désert

Nuit froide à 4569m. L’abri nous a protégés du vent mais je réveille encore avec de la glace sur mon duvet et dans la tente. L’eau laissée dans la tente a gelé une fois de plus. Ca fait maintenant 7 jours qu’on n’a pas pris de douche et ça joue sur le moral rrrrhhh, enfin surtout pour moi :-). Mes ongles se décollent de plus en plus et me font souffrir. J’ai du mal à me servir de mes doigts pour passer les vitesses. La pression exercée sur les ongles me fait un mal de chien. Je remarque aussi que l’altitude modifie nos comportements alimentaires. Moi, qui d’habitude adore les fruits secs, je les déteste ici. Ils me donnent la nausée. Du coup, je ne mange pas beaucoup. La sensation de sucré et de salé est aussi modifiée. On n’arrive plus à manger notre avoine du matin avec du lait et du sucre. Heureusement, pour notre plus grand bonheur, Vincent a réussi à acheter 4 pancakes et 8 petits pains au refuge d’hier. Alors ce matin c’est royal : 2 pancakes chacun avec du miel et du manjar (sorte de confiture de lait) ! C’est un festin. Ces petits plaisirs sont si énormes dans des endroits pareils. Ils sont capables de changer le cours d’une journée, de tout illuminer comme par magie.
La section qui nous attend est une succession de montées et de descentes douces mais sur pistes sablonneuses. J’alterne poussage et pédalage. Vincent, toujours dans son élément, avance sereinement. Nous voyons se profiler à l’horizon l’Hotel del Desierto mais ce n’est pas pour nous. Nous avons encore suffisamment d’eau pour tenir une journée de plus et atteindre le prochain refuge. On s’arrête déjeuner. Au menu depuis quelques jours : 2 tranches de Pumpernickel (pain compact allemand), une demie boîte de thon à l’huile ou pâté et un demi snickers en dessert chacun. Un 4×4 s’arrête pour prendre nos vélos en photo. Toujours pas un mot. On n’existe pas, on fait partie du décor. En tout cas, si un 4×4 s’arrête, ce n’est jamais pour savoir comment on va, si on a besoin de quelque chose. Par contre, pour prendre des photos à la dérobée, ça, pas de souci… L’après-midi passera moins vite. Après une montée pénible dans le sable jusqu’à 4680m, la descente tant attendue ne le sera pas moins. Tôle ondulée, sable mou, pierres sont au programme d’une longue descente de 20 km vers les lagunes, les dernières de notre programme dans le Sud Lipez. C’est de l’enduro avec des vélos chargés en eau et en nourriture. Vincent, toujours au top de sa forme, me transmet sa bonne humeur. Fier, heureux et fort, il ne cesse de m’aider à pousser mon vélo à chaque fois que je peine. Sur les sections les plus techniques, il se charge de son vélo et du mien. Il m’épate. Il est à peine essoufflé. Aurait-il du sang andin dans les veines ?? Des nuages noirs s’accumulent au loin et on espère qu’ils ne viennent pas droit sur nous. On campe à l’abri du vent, collé à une butte. Il est 18h30 et il commence à faire très froid. Le soleil commence à se coucher. On se dépêche de dîner. Dodo vers 20h.

En route !

Pas mal de sable mou

Beaucoup de pistes mais aucune de vraiment bonne

Encore un passage de col, 4680m

Fin de journee: repos !

Jeudi 12 avril 2012 : Enfin une douche!

Il fait meilleur de dormir à 4277m. Pas de glace au réveil. Par contre, c’est la pluie qui nous réveille ce matin. Tout est gris autour de nous. Je suis étonnée de constater qu’il peut pleuvoir à cette altitude avec un froid pareil. La petite pluie fine façon british ne nous lâchera pas. Il nous reste environ 20 km avant le prochain refuge, au bord de la Laguna Hedionda. Les différentes pistes qui y mènent ne sont pas bonnes pour nous cyclos. Il y a beaucoup de sable et de pierres. Il fait froid et l’humidité ne fait que renforcer cette sensation. On passe à côté de trois lagunes mais elles nous semblent bien tristes sous les nuages gris. Nous finissons par arriver au refuge, où deux jeunes femmes boliviennes nous accueillent. Le tarif est le suivant : environ 10 euros par personne pour le couchage mais douche avec eau chaude comprise. C’est cher pour ici mais l’appel de la douche est trop fort. Il pleut, ça fait 8 jours qu’on rêve d’être propres, on dit Bingo ! C’est dans une salle de bain glaciale que nous prendrons une douche à peine tiède. Et le comble dans tout ça, c’est que ça restera le moment le plus froid de cette traversée. On mettra l’après-midi à nous réchauffer mais ça fait quand même du bien. Il pleut toujours dehors. On se repose, on bouquine, on écrit et on filtre de l’eau. On prie pour que le soleil revienne demain matin. Demain, nous devrions atteindre la route pour Alota, premier village en direction d’Uyuni. Après quelques échanges avec des boliviens, nos craintes se confirment : nous ne pourrons pédaler sur le Salar, celui-ci étant toujours inondé. Nous n’avons d’autre choix que d’aller directement au village d’Uyuni.

Il fait trop moche, pas envie de faire de photo aujourd hui

On est gele

Vendredi 13 avril 2012 : En route vers la civilisation

Le soleil est au rendez-vous ce matin ! Avant de reprendre la route, nous allons au bord de la lagune admirer les nombreux flamands roses. Il y en a des centaines. L’eau de la lagune, très bleue, contraste avec les sommets enneigés aux alentours. Nous prenons la route en direction de la dernière lagune, la Laguna Canapa, très belle également. Séance photo dans ce paysage féerique avant d’avancer vers le Paso Toun-Toun, un col à 4260m, qui devrait nous mettre sur la route « Internationale » (s’il vous plaît) d’Alota. Nous parviendrons à passer le col en fin de matinée. Une quarantaine de km nous séparent d’Alota. Vincent voudrait y être ce soir, seulement la route non asphaltée quoique bonne, est en montagnes russes. A 15h, il nous reste encore une bonne trentaine de km… autant dire qu’aucun de nous deux n’y croyait plus. On traverse des paysages sublimes, des montagnes de toutes les couleurs, de vastes plaines vertes, des formations rocheuses incroyables. On en oublie notre fatigue. Puis, l’incroyable arriva : une descente vers le village. Une vraie descente douce sur une bonne piste d’une trentaine de km sans trafic. Un régal ! La route pour nous. Un bonheur total.
On arrive rapidement à Alota, notre premier village bolivien. Les rues sont tristes et vides. On nous indique une hospedaje (auberge) bondée de touristes en 4×4. On est fatigué alors ça ira bien pour ce soir. On s’achète un paquet de spaghettis et on se fait un dîner royal. On avale les 400g de pâtes en un rien de temps. Ca fait tellement du bien de manger des pâtes après 10 jours à manger de la purée le soir !

Magnifique ! La Laguna Hedionda sans la pluie

Toujours la Laguna Hedionda

Flamands roses de la Laguna Hedionda

De quelle espece de flamands roses s agit-il?

La Laguna Cañapa, la derniere de la serie

Nos fideles montures se portent comme des charmes malgre les pistes parfois difficiles

Piste tres caillouteuse vers le Paso Toun Toun

Notre dernier col a passer

Ca y est, on est sur le Camino International !

Les derniers km avant Alota

Le village d Alota

Samedi 14 avril 2012 : Montagnes russes, montagnes russes toujours

Notre but aujourd’hui est d’atteindre San Cristobal, notre 2e village bolivien sur la route d’Uyuni. Après nous être renseignés sur le profil de la route et la distance, nous partons confiants. D’après un chauffeur de 4×4, la route est complètement plane et seulement 45 min en voiture suffisent pour arriver au village. C’est 4h30 que nous mettrons pour arriver ! Comment avons-nous pu croire que dans les Andes, il pouvait y avoir du plat ?? Nous décidons de nous arrêter déjeuner dans un petit village au bout de 40 km. On va pouvoir profiter de l’almuerzo, menu du midi à prix modique. On paiera environ 1,50 euros par personne pour une soupe copieuse de quinoa, suivie d’un plat de pomme de terre avec de la viande en morceaux le tout relevé d’épices délicieuses, une banane en dessert et une limonade maison avec du jus de citron ! On a tellement mangé qu’on ferait bien une petite sieste. La suite de la journée sera laborieuse. On se fait doubler par de nombreux camions, nous envoyant à chacun de leur passage un lot de projectiles et de poussières qui nous asphyxie. On est tout sale. On s’arrête à San Cristobal. Il nous reste entre 93 et 110 km avant d’arriver à Uyuni, notre destination finale. Ici, personne n’arrive à se mettre d’accord sur les distances. Il ne nous reste plus que 55 bol (environ 5,50 euros). On fait le tour du village pour chercher une piaule pas chère, qu’on finit par trouver. 40 bol pour deux, on dit encore bingo et avec la télé en plus ! Par contre, la douche chaude est en sus. Tant pis, on optera pour une toilette de chat soignée (regard vif poil doux) et un lavage de cheveux à l’eau froide dans le lavabo. On voudrait utiliser les 15 bol restants pour acheter des pâtes et de la sauce tomate. On en a vraiment ras le bol de la semoule et de la purée ! On se dirige vers le marché central et là surprise ! Bienvenue en Bolivie ! C’est fou ce qu’on peut acheter avec 15 bol, soit environ 1,50 euros : un paquet de pop-corn, un paquet de banane frite, un paquet de gâteaux type Oreo, 6 mandarines, 500g de pâtes et un petit paquet de ketchup ! On est super agréablement surpris. Vive la Bolivie !

En route vers San Cristobal, notre 2e village bolivien

L enjeu est de taille : ne pas me faire cracher dessus par ces 2 lamas...

Il a l air tellement doux le petit a gauche !

Dimanche 15 avril 2012 : Direction Uyuni

Après 7 mois de voyage et plus de 10 jours dans le Sud Lipez, j’égorgerais un troupeau entier de lamas pour pouvoir regoûter à la savoureuse cuisine de ma maman : sa soupe de raviolis, ses crêpes vietnamiennes, ses brochettes à la citronnelle, son phô, etc. J’en rêve. Et Vincent aussi. Ou encore des petits plats de Catherine : ses sauces finement préparées capables de réveiller les pâtes les plus quelconques, ses cuisses de canard rôties, ses entrées multicolores, etc. On a faim ! On crève de faim même ! Alors pas question de traîner, on donnera tout aujourd’hui pour couvrir la petite centaine de km nous séparant d’Uyuni. On pédalera comme des forcenés pour y arriver et pour en finir avec le Sud Lipez, tout un symbole pour nous. On ne s’arrêtera déjeuner qu’après avoir envoyé 70 km. On devine que le pari va être gagné. On aperçoit Uyuni au loin et cela nous donne de l’énergie pour affronter les derniers km avec vent de face. On est surpris de rouler dans une sorte de décharge géante à ciel ouvert à l’entrée du village. C’est triste à voir. On arrive enfin sur les coups de 16h. On peut dire qu’on a envoyé du bois ! On est lessivé. On opte rapidement pour un hôtel confortable, histoire de bien se reposer. Premier réflexe, on file sous la douche (c’est pas du luxe quand on voit l’eau marron couler des cheveux de Vincent ! :-) ), fiers et tellement heureux d’avoir traversé le Sud Lipez à vélo, malgré une pointe de regret de n’avoir pu pédaler sur le Salar.

Une belle soiree s annonce sous cette lumiere exceptionnelle

2 min apres a peine: changement de couleurs

L’heure du bilan :

Quel est le plus grand danger du cycliste ?
Les 4×4 ! Nous en croisions une bonne vingtaine par jour, alors que la haute saison touristique ne débute qu’en mai. Il faut être vigilant.

Faut-il constamment pousser le vélo ?
Les pistes du Sud Lipez sont roulables à plus de 80%, voire 100% pour Vincent (l’homme qui ne pousse jamais son vélo). En tout cas, les pistes sont très bonnes jusqu’à la Laguna Colorada.

Peut-on se perdre dans le Sud Lipez ?
Nous n’avons eu aucun problème d’orientation dans la mesure où toutes les pistes mènent aux mêmes endroits. Il suffit de bien connaître les points d’intérêt successifs. En revanche, ne jamais écouter les conseils d’un seul conducteur de 4×4 mais se renseigner auprès de plusieurs afin de valider les informations. Bien souvent, ils n’ont aucune idée de ce qu’est une piste praticable à vélo et donc peuvent vous envoyer sur des chemins très pénibles…

Faut-il charrier beaucoup d’eau ?
L’eau n’est pas non plus un problème, dans la mesure où les distances entre chaque point d’eau sont de l’ordre de 50/60 km, soit 2 jours d’autonomie à gérer.

Quelle est donc la vraie difficulté dans le Sud Lipez ?
Selon nous, la vraie difficulté en venant de San Pedro de Atacama est l’altitude. Nous n’étions pas acclimatés, contrairement peut être aux cyclistes venant d’Uyuni. De plus, la montée de 28 km de San Pedro de Atacama vers l’accès en Bolivie a vraiment été la section la plus pénible pour nous et la plus difficile. Une fois arrivés sur l’altiplano, aucune montée même sur piste sablonneuse, ne nous a semblé si dure.

Pourquoi aller dans le Sud Lipez ?
Pour les paysages sublimes et uniques, qui valent très largement l’effort ! Cyclistes, je vous assure, allez-y, vous serez comblés :) !

Suerte à tous

Désert, vous avez dit “désert”?!

4 avr

Le 03/04/2012

Petit résumé :

Reprise du vélo après un mois d’arrêt. Direction San Pedro de Atacama à travers un des déserts les plus arides au monde.

  • 25/03/2012 (Jour 201)
    Départ d’Antofagasta, distance parcourue : 56,93 km, Temps pédalé : 4h54, Altitude au bivouac : 851m
  •  26/03/2012 (Jour 202)
    Bivouac environ une dizaine de km après Carmen Alto, distance parcourue : 58,62 km, Temps pédalé : 4h22, Altitude au bivouac : 1368m
  •  27/03/2012 (Jour 203)
    Bivouac sur la Ruta 25, distance parcourue : 56 km, Temps pédalé : 4h32, Altitude au bivouac : 1874m
  •  28/03/2012 (Jour 204)
    Nuit à Calama, distance parcourue : 49,30 km, Temps pédalé : 3h56, Altitude : 2215m
  •  29/03/2012 (Jour 205)
    Pas de pédalage, visite de la mine de Chuquicamata.
  •  30/03/2012 (Jour 206)
    Bivouac à mi-chemin entre Calama et San Pedro de Atacama, distance parcourue : 55,26 km, Temps pédalé : 4h39, Altitude au bivouac : 3250m
  •  31/03/2012 (Jour 207)
    Nuit à San Pedro de Atacama, distance parcourue : 48,25 km, Temps pédalé : 4h14, Altitude : 2440m
  •  01/04 au 03/04/2012 (Jour 208 à 210)
    Pas de pédalage

___________________________________________________________________________

Dimanche 25 mars, nous enfourchons enfin nos chevaux de fer après un mois sans pédaler. L’idée est simple, rejoindre San Pedro de Atacama situé à 2 440 mètres d’altitude en partant du niveau de la mer depuis Antofagasta, le tout dans le désert. De cette manière, nous pourrons nous habituer progressivement à l’altitude en prévision des deux prochaines semaines et des mois à venir sur l’altiplano. Mais aussi découvrir un autre milieu à vélo, le désert, le plus sec du monde : le désert d’Atacama. Les 5 premiers kilomètres pour sortir de la ville ne sont pas de tout repos, tu parles d’une reprise, 600 mètres de dénivelés positifs en 5 bornes ça vous remet tout de suite dans le bain ! Une fois les falaises franchies, nous voici arrivés dans le désert, une route, une voie de chemin de fer, du sable et un cagnard qui vous fait tout de suite oublier les mois d’août de fillette qu’on a en France. Nos derniers coups de pédales nous les avions donnés dans la région des lacs. Là, c’est un peu différent, je dirais même complètement opposé.

Cimetière au bord de la route

Les camions (surtout eux d’ailleurs) nous encouragent à coups de klaxon et de pouces levés vers le haut. Ça nous rappelle un peu la pampa en Argentine. On comprend vite pourquoi tous ces encouragements : rien, il n’y a rien que des cailloux et du sable. Mais aussi étrange que ça puisse paraître, nous sommes heureux, heureux de pédaler peinards avec un camping géant rien que pour nous et sans clôtures s’il vous plaît !

Le plaisir des espaces sans clôture

Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir

Malgré tout cet espace, on a quand même réussi à bivouaquer la première nuit le long de la voie ferrée. C’est vrai qu’il y avait une superbe bute pour nous abriter du vent et des improbables regards. Sandrine était formelle : « Il y a un train par jour et il est déjà passé ». Faux, il y en a un presque toutes les 2 heures, toute la nuit et on devait être à 10 mètres des rails grand maximum. Petite précision, uniquement des trains de marchandises supers longs qui transportaient des blocs de pierre, un régal. On a quand même réussit à en rire c’est le principal. Ce fut la seule nuit un peu « spéciale », les autres furent forcément plus calmes.

T'inquiète pas, le train est déjà passé...

Le fameux, "l'unique" train de la journée

Je vous ai dit un peu plus haut qu’il n’y avait rien, bon ce n’est pas complètement vrai. Sur les 320 kilomètres il y a deux villages et une ville mais surtout plein de mines, de salpêtre essentiellement. Des mines abandonnées depuis presque un siècle un vrai décor de western.

Des maisons, voire des villes entières abandonnées

Mais aussi beaucoup de mines en activité notamment la mine de Chuquicamata, mine que nous avons visitée. C’est la plus grande du monde à ciel ouvert. 5 kilomètres de long, 3 de large et 1 de profondeur, vraiment très impressionnant ! Cette mine de cuivre appartient à 100% à l’état chilien (merci Salvador ALLENDE) et existe depuis 95 ans. C’est assez exceptionnel car la durée moyenne d’exploitation d’une mine est de 50 ans. Les experts estiment qu’elle a encore 100 ans devant elle car elle est située sur une faille géologique.

La mine de cuivre de Chuquicamata

Deux mineurs français venus en renfort

La mine sera souterraine à partir de 2020, ce qui devrait réduire de 90% la pollution émise par les forages en plein air, merci pour les habitants qui vivent dans la région ! Car soyons clair, l’activité minière est le moteur du Chili mais c’est aussi un fléau pour l’environnement. Les nappes phréatiques sont contaminées, les villages rasés (et t’as intérêt à être d’accord) pour laisser les entreprises étrangères et chiliennes exploiter les sols. Bref, c’est pas la joie mais c’est comme ça. José BOVET, je te le redis si tu t’ennuis en France, ici y a du boulot ! Mais au fait, j’ai pas fini de vous endormir avec les infos techniques sur Chuquicamata héhé ! Il reste les camions. Je dois vous parler des camions qu’on a vus dans cette fourmilière géante, j’insiste. Réservoirs de 5000 litres, consommation de 3 litres à la minute. En gros, ces monstres consomment en une journée ce qu’un particulier consomme en 2 ans avec sa voiture ! Et les roues, 4 mètres de haut, 40 000$ dollars l’unité, 8 mois d’utilisation et après hop on transforme ça en granules et avec on construit des routes en Europe. Aller, j’arrête là l’exposé sinon vous allez boycotter le blog.

Comme souvent dans les endroits plutôt isolés, les Chiliens ont été géniaux. Tout d’abord sur les premiers kilomètres, ce sont les ouvriers qui travaillaient à l’agrandissement de la route qui n’ont eu de cesse de nous proposer de l’eau en nous criant à la chilienne: « Aguatita ??!!! ». Quelle aubaine dans un désert non ? Ensuite c’est la patronne d’une petite gargote que stupidement je ne trouvais pas très aimable, qui nous a offert une énorme grappe de bananes. Un agent d’entretien dans une station-service qui nous offre une canette de boisson énergisante (qu’on soupçonne de nous avoir empêchés de dormir cette nuit-là) « Pour vous donner de la force ! » nous dira-t-il. Mais la palme revient à Salvador, un pauvre mineur (sa dentition et sa peau brûlée le confirment…) qui a insisté pour nous offrir 2 pizzas, 2 gros pots de glace et une grande bouteille de Coca Cola. Tout ça parce que pour lui c’était improbable que deux cycliste français se trouvent dans son petit village et qu’ils veuillent bien discuter avec lui. Sandrine a versé sa petite larme (de chaudes larmes en réalité mais faut pas le dire) devant tant de gentillesse. Il faut dire que c’était assez émouvant surtout qu’au fil de la discussion, on a vite compris que notre ami n’avait vraiment pas une vie facile. Encore une leçon pour nous. Nous recevons tellement depuis le début du voyage. C’est une belle leçon de vie. Charge à nous maintenant d’en faire de même pendant et après le voyage.

Au niveau du trajet en lui-même, nous n’avons pas réellement souffert, excepté peut-être au niveau de la chaleur avec un pic à 42°c tout de même. La route était un long faux-plat montant sur 270 km et les 50 derniers s’apparentaient à de belles montagnes russes avec un col à 3 450 mètres d’altitude à passer. Nous avons d’ailleurs profité de l’occasion pour camper au-dessus de 3 000. Sandrine n’était quand même pas au top de sa forme à cause de problèmes gastriques dont je vous passerai les détails. La pauvre bichette n’a donc pas été très gâtée pour le jour de ses 30 ans mais elle a tout de même réussi à apprécier le bouquet final. En effet, les 50 derniers kilomètres, bien que durs, furent un pur délice, parmi les plus beaux paysages que nous ayons vus. Des chaînes de volcans, des canyons, des monts enneigés oscillants entre 4 000 et 6000 mètres, magistral.

En route vers San Pedro de Atacama

Le volcan Licancabur dans notre champ de vision (5916m)

Quel bonheur de passer à côté de la Vallée de la Mort à vélo!

Les derniers coups de pédales avant San Pedro de Atacama

Arrivés à San Pedro de Atacama, l’euphorie est vite redescendue. Ce village est uniquement et seulement porté vers le tourisme, très certainement l’endroit le plus cher du Chili. Les chiliens se comptent sur les doigts de la main, les prix sont exorbitants et complètement injustifiés. C’est bien simple, on ne trouve que des hôtels, des tours operators, des restos, des boutiques de souvenirs et des mini superettes aux tarifs ridiculement surélevés. Bref tout ce qu’on aime. De plus, ce lieu se veut être « cool » mais j’ai du mal à comprendre comment ça peut-être cool et hors de prix. Mais bon ça n’a pas l’air de gêner les pseudos hippies de toute la planète puisque qu’ils sont bien là. Je suis mort de rire, ça porte des dreadlocks et ça met des pantalons de toutes les couleurs mais ça flambe les biffetons comme à Miami ! Si Jimmy HENDRIX et Bob MARLEY voyaient ça ! Mais bon comme d’habitude, on arrive à positiver, au moins on s’est fait un bon restaurant pour l’anniversaire de Sandrine. J’ai même réussi à filouter pour qu’on lui mette des bougies sur sa glace:).Donc ce fut tout de même un chouette anniversaire au milieu des volcans et du désert. De plus Sandrine a eu quelques petits cadeaux, moi aussi indirectement, un bel hôtel offert pour ses 30 ans (on va pas cracher dans la soupe quand même) et plein de vidéos surprises de la famille pour lui souhaiter un joyeux anniversaire !

30 ans, ça se fête!!

Le 4 avril (demain), nous quitterons San Pedro pour pédaler en direction de notre 3e pays : la Bolivie. Nous y rentrerons par le Sud-Lipez, l’un des moments très attendus de notre aventure. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous sommes venus ici. Le Sud-Lipez et plus précisément San Pedro-Uyuni, c’est une quinzaine de jours d’autonomie sur l’Altiplano à plus de 4000m d’altitude, dans des conditions parfois difficiles : des nuits fraîches (parfois des températures négatives à 2 chiffres), des orages (surtout en cette saison), vent violent et chaleur en journée. L’effort est récompensé par des paysages uniques. On y va donc pour les paysages et aussi pour voir un peu ce qu’on a dans le ventre :-) . En parlant de ça voici ce que nous emportons comme nourriture pour cette mission :

300g de kiwis séchés
150g de fraises séchées
150g de papaye séchée
90g de boisson en poudre saveur ananas
45g de boisson en poudre saveur orange
45g de boisson en poudre saveur melon
45g de boisson en poudre saveur multi-fruits
1000g de pain noir
368g de thon à l’huile en boîte (poids net 240 grammes)
340g de saumon à l’huile en boîte (poids net 228 grammes)
130g de pâté de porc au champignon en boîte (made in France !)
130g de pâté de campagne en boîte (encore made in France)
130g de pâté de cerf en boîte (made in quelque part)
240g de parmesan en sachet
524g de mini Milky Way, Snickers et autres (16 minis)
70g de soupe déshydratée au poulet et au riz (Maggi ! Maggi !)
70g de thés divers
45g de bonbons Ricola orange (vive la Suisse)
45g de bonbons Ricola citron-mélisse (re-vive la Suisse)
80g de bouillon de légumes en cubes
40g de bouillon de tomates-basilic en cubes
300g d’œufs durs (une boîte de 6, estimation Vincent VEYRES pifomètre)
400g de crackers au sésame et pavot
370g d’huile d’olive soit 400 ml (estimation Vincent VEYRES pifomètre)
15g de poivre
120g de beure (merci le p’tit dej de l’hôtel)
80g de confiture de lait (merci le p’tit dej de l’hôtel)
80g de miel (merci le p’tit dej de l’hôtel)
10g de curry en poudre
10g de gingembre en poudre
120g de lait de coco en poudre (Sandrine a insisté !)
10g de persil séché en poudre
20g de champignons séchés (non hallucinogènes)
40g de ketchup soit 4 sachet (désolé José nous sommes allés au MC DO)
1000g de sucre en poudre
1500g d’avoine
300g de Chocapic
1000g de lait entier en poudre
1000g de purée de pommes de terre
1000g de semoule fine de maïs

Fraîchement sortis du supermarché

Les mêmes produits reconditionnés

Soit 11,312 kg pour 10 jours voire 2 jours de plus en ne mangeant que de l’avoine. Vous l’aurez compris, ce ne sera pas de la gastronomie pendant ces 2 semaines !
En ce qui concerne l’eau, nous ne devrions pas charrier plus de 8 litres par personne soit 2 jours d’autonomie large mais pour cela il faudra trouver les points d’eau… D’après nos calculs, nous devrions pouvoir remplir nos gourdes tous les 2 jours.

Bon, on vous laisse, on va faire une petite sieste et on vous dit donc à dans quelques semaines ! Et si on trouve des œufs de Pâques là-haut, promis on prendra une photo :-) !

L'aventure continue...

Souhaitez nous bonne chance !

Une dernière pour la route

30 mar

Le 29/03/2012
Par Vincent

Nous avons bien profité de cette dernière semaine sans vélo avant de reprendre la route. On aura quand même fait pas mal de kliomètres en bus, 1500 au total en cinq jours. Mais au Chili ça n’a rien d’exceptionnel au vu de la longueur du pays. Pour ma part j’ai particulièrement apprécié jouer dans les vagues comme un enfant, surtout à Arica, ville située à l’extrême nord.

Les belles vagues d'Arica

Les belles vagues d'Arica

Cette “petite” escapade en bus Antofagasta-Arica/Arica-Antofagasta avait aussi pour objectif de nous rapprocher de la frontière péruvienne et de passer une petite journée à Tacna (au Pérou), ville sans intérêt mais qui nous a permis de prolonger notre visa chilien qui arrivait à échéance. Et oui ça fait plus de 3 mois que nous sommes dans cette lointaine contrée. Les villes côtières du nord Chili que sont Arica, Iquique et Antofagasta ne sont pas non plus transcendantales mais l’atmosphère y est agréable, les plages aussi et il y a parfois quelques belles vues panoramiques du haut des falaises omniprésentes qui encerclent ces citées portuaires.

Arica vu de haut

Arica vu de haut

Une bonne vraie plage

Une bonne vraie plage

J’allais oublier les plus vieilles momies du monde, 6000 av J-C, que l’on peut observer à Arica et qui je dois l’avouer sont incroyablement bien conservées pour leur âge.

8000 ans et pas une ride

8000 ans et pas une ride

Une petite momie

Une petite momie

 Malgré quelques attraits non négligeables au nord, c’est le sud du Chili qui gardera notre préférence car on a vraiment eu l’impression qu’une fois Santiago dépassé et bien c’était beaucoup moins funky! En gros au nord c’est super désertique et les points d’intérêts sont très très espacés même quand on est motorisé. Mais ça nous aura quand même plu car ce fut une découverte pour nous. En tout cas on l’aura bien sillonné ce long Chili :-) !

Le nord chili en résumé

Le nord chili en résumé

Après avoir vu les plus vieilles momies du monde et comme on est dans le désert les plus sec du monde (Atacama) et bien nous sommes allés visiter le télescope le plus grand du monde. Situé à 2600 mètres d’altitude, l’observatoire du Paranal est un centre Européen d’observation et de recherche astronomique. Il abrite plusieurs télescopes qui en se combinant forment LE plus grand télescope du monde. Tellement puissant que j’ai même réussit depuis le Chili à voire certains d’entre vous glander au bureau en France. Non en fait c’était super intéressant mais on n’a pas pu regarder les étoiles, en même temps ce n’était pas vraiment possible à 14 heures sous un soleil de plomb. Il n’y avait que moi qui y croyais… De plus quand on sait que les rares chercheurs sélectionnés attendent des années pour pouvoir venir sur ce lieu myhtique, fallait pas trop rêver.

L'observatoire

L'observatoire

Les petits télescopes

Les petits télescopes

Un grand télescope

Un grand télescope

Pour info la France fait partie du projet et ça coûte 2€/an à chaque contribuable français. Mais ne vous inquiétez pas, nos fonds ne sont pas utilisés n’importe comment. En effet les chercheurs sont logés dans une sorte de “vivarium” géant où l’on trouve une végétation dense et verdoyante mais surtout une piscine de 20 mètres, ce n’est pas une blague je précise. Tout cela au milieu du désert le plus sec du monde je vous le rappelle. Mais si jamais vous passez dans le coin ça vaut franchement le détour.

Nos impôts

Nos impôts

Encore nos impôts

Encore nos impôts

Cette dernière semaine aura donc été forte agréable et instructive. Loin de l’effervescence de Santiago nous nous sommes vraiment reposés et c’est une bonne chose car la suite du programme va être bien plus physique. Nous allons d’abord rejoindre San Pedro de Atacama à vélo en partant d’Antofagasta soit 320 kilomètres dans le désert le plus sec du monde et ensuite viendra la Bolivie. Avant de rentrer au pays de la flûte de pan on vous donnera des nouvelles bien sûr, car après il faudra être patients…
Je vous dis donc à très bientôt et si il y a parmi vous des amateurs de sauna en plein air, vous êtes les bienvenus dans le désert :-) !

Amen

Amen

LA FIESTA!!!!!!

17 mar

Le 17/03/2011

Par Vincent (nouveau trentenaire)

3, c’est le nombre de jours que nous avions prévu de passer à Santiago. 3, c’est finalement le nombre de semaines qui se sont écoulées entre notre arrivée et notre départ de la capitale chilienne. On peut dire qu’on en a vraiment profité, notamment pour fêter mes 30 ans, silloner les rues de la ville, faire un petit crochet à Valparaiso mais surtout comme le dit le titre de l’article faire la fêeeeeeeeeeeeete!

Vincent, nouveau trentenaire: sera-t-il plus mature ? :-)

Ambiance survoltée à Santiago: concert des Chico Trujillo

Il faut dire que tous les éléments étaient réunis. Sur les conseils de Doris et Christophe (merci les amis) deux cyclistes rencontrés dans le sud, nous avons rejoint Knut et les 13 chambres de sa maison. Knut vient d’avoir 25 ans, il a quitté l’Allemagne à 19 ans pour un tour du monde qui devait durer 1 an…et ça fait maintenant 2 ans qu’il vit à Santiago. Après plusieurs petits boulots, il a décidé de louer une maison dans le quartier bien agréable du Parque Bustamante et de transformer cette grande bâtisse en une énorme collocation principalement pour étudiants mais pas seulement. Voilà pour la présentation de notre nouvelle ami! Ah j’allais oublier, c’est un expert en fête…

Petit repas vietnamien sur la terrasse

Un Ganesh bienveillant sur un des murs de la maison

Imaginez-vous, une maison remplie de jeunes gens venant d’un peu partout : Chili, Allemagne, France, Etats-Unis, Pays-Bas, Australie, Costa-Rica, Danemark, Norvège, sans compter les amis d’amis. On ajoute à cela le fait que les cours n’ont pas encore repris et que ce n’est que la reprise pour ceux qui bossent, ça fait un sacré cocktail! Encore un petit plus, Knut connait Santiago sur le bout des doigts héhé. Le courant passe parfaitement bien entre notre ami teuton et nous qui sommes ouverts à toutes proposition de fête, concert, repas, barbecue…en gros on ne s’est pas fait prier!

La fête bat son plein

Et le repos dans tout ça? C’est à Valparaiso sur la côte à 2 heures de bus de Santiago que nous nous sommes accordés deux vraies nuits de sommeil. Pour le coup, Valparaiso est une ville beaucoup plus atypique que Santiago la capitale qui pourrait très bien être européenne (l’ambiance sud américaine en plus). La ville située sur des collines plongeant dans la mer est probablement une des plus belles du Chili, en tous cas c’est ce qui se dit. Il est vrai que les couleurs et les “styles” si différents des maisons donnent un charme étonnant à cet “échaffaudage” géant. L’inclinaison des rues ajoute une touche particulière à la visite, une touche sportive je dirais pour les marcheurs! Les fresques et différents dessins recouvrant les murs sont de vraies oeuvres d’art et cela vaut vraiment le détour. Bref nous avons été conquis par Valparaiso!

Valparaiso, une ville toute en collines

Des couleurs éclatantes partout dans la ville

Les graffitis sont de vraies oeuvres d'art

L'art..... dans les rues

Une ville pleine de charme

De longs escaliers menant vers les hauteurs

Dommage que la mer soit si froide

Santiago aussi présente quelques aspects biens sympatiques. Un parc plus grand que Central Park, des montagnes impressionnantes qui entourent la ville, une vie nocturne dense etc , mais côté architecture r.a.s. .

Santiago, vue du San Cristobal (photo prise par Knut)

Santiago, vue du Cerro Santa Lucia

Pour vous dire la vérité, si l’on a passé autant de temps à Santiago c’est aussi parce que nous avons rendez-vous le 24 mars à l’observatoire astronomique Paranal ( le téléscope le plus large du monde à l’heure actuelle). Cela nous a donc laissé 1 mois de battement puisque nous sommes arrivés le 24 février à Santiago.
Pour rejoindre l’observatoire depuis la capitale, il faut faire 1300 km jusqu’à Antofagasta où nous nous trouvons actuellement. Problème, il n’y a qu’une route très très empruntée, la maudite panaméricaine et des cailloux comme décors. On a donc encore été contraint de prendre le bus pour la deuxième fois depuis que nous sommes au Chili. On sait que ça fait parti du jeu mais bon ça nous laisse toujours un sentiment étrange surtout quand il faut payer des bakchichs aux chaufeurs pour qu’ils acceptent d’embarquer nos montures rrrrh.
Pour éviter la cirrhose :-) et de vider complètement notre compte en banque nous avons donc quittés Santiago. Malheureusment, ici à Antofagasta il n’y a rien à faire (réellement). On a donc un peu le moral dans les chaussettes puisqu’on a quitté des supers potes avec qui on ne s’ennuyait jamais pour nous retrouver dans une ville pourrie à attendre la visite du 24 (encore 8 jours!).
Heureusement Super-Sandrine a eu une très bonne idée. Puisque le bus ça nous connait, on va laisser les vélos ici et remonter vers le nord jusqu’à la frontière péruvienne et redescendre juste avant la visite! Après s’être transformés en “teufeurs”, on va donc se transformer maintenant en “backpackers” :-) . Moi ça me va, encore un peu de bon temps avant d’attaquer le Sud lipez (sud-ouest de la Bolivie) à vélo, sans aucun doute l’étape la plus perilleuse de notre périple, début avril. Après avoir laissé reposer les guiboles 1 mois on devrait être en forme, enfin si on ne fait pas trop la fête!

Vivement qu'on reprenne le vélo :-)

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